Histoire des Verts en Suisse
L’évolution des Verts suisses jusqu'à aujourd’hui
En septembre 1993, un nouveau nom, Les Verts - Parti écologiste suisse, et un nouveau logo modifient l'image du parti. Cette "nouvelle apparence" est l'expression d'une nouvelle conscience de soi. Les Verts profitent de leur succès et de leurs idées avant-gardistes en matière écologique pour mieux se faire connaître. En 1991, pour la première fois de leur histoire, les Verts lancent un référendum fédéral contre les nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA). Les critiques principales en étaient le financement insuffisant, la surcapacité et le transfert incertain du trafic poids lourds de la route au rail. Le référendum certes échoue en votation populaire mais est fort un signal pour les instances politiques nationales. La deuxième version du projet des NLFA fut fortement imprégnée des idées du parti écologiste suisse.
Le parti n’en reste pas là. En 1992, il s’expose fortement en refusant d'adhérer au fonds monétaire international (FMI), à la banque mondiale et à l’espace économique européen (EEE). La question de l’intégration européenne divise les Verts et provoque de nombreuses discussions. Les divergences d'opinions se manifestent surtout entre les régions linguistiques. Les Verts de suisse alémanique s’opposent majoritairement à l’EEE en raison des préjudices écologiques possibles et par crainte de voir diminuer les droits démocratiques. La majorité des Verts romands souhaite, quant à elle, faire face aux problèmes européens avec l'Europe et considère l’EEE, malgré ses faiblesses, comme un pas intermédiaire dans le processus d'intégration. Les divergences en matière de politique européenne s’estompent rapidement : en 1994/95 le parti prend majoritairement la voie du soutien à l’intégration et, depuis lors, appuie les négociations d’adhésion à l’union européenne (UE).
Lors des élections nationales de 1995, les Verts suisses subissent un net recul. 5% des voix leur permet de conserver uniquement huit de leur 14 sièges. Le camp vert-alternatif, avec 1.5 pour-cent des suffrages, gagne un siège grâce à la Grüne Bündnis Bern.
1996 – 2003 : évolution du parti.
Avec le dépôt de deux initiatives populaires fédérales «Pour garantir l’AVS -Taxer l’énergie et non le travail» et «Pour une retraite à la carte dès 62 ans tant pour les femmes que pour les hommes» en mai 1996, les Verts démontrent leur capacité d’initiative. En proposant une réforme fiscale écologique ainsi qu'en garantissant le financement de l’AVS d’une part, et une retraite à la carte d’autre part, les Verts s’engagent incontestablement sur le chemin d'une Suisse durable et solidaire.
Le peuple se prononce sur les deux initiatives « vertes » en 2000 et 2001. Si l’initiative « pour une retraite à la carte dès 62 ans tant pour les femmes que pour les hommes » récolte 46% de oui (les cantons latins sont même majoritairement pour !), l’initiative « pour garantir l’AVS – taxer l’énergie et non le travail » ne rencontre quant à elle pas le succès espéré (77.1 % de non).
En 1999, les Verts, avec 5% des suffrages aux élections nationales, ne réussissent pas à augmenter leur représentation sous la Coupole mais conservent leurs huit sièges. Hugo Fasel, du parti chrétien social, rejoint le groupe parlementaire des Verts.
Au niveau cantonal aussi, après quelques défaites, les Verts renouent à nouveau avec le succès. C'est surtout en Romandie que les Verts renforcent leur position. Aujourd’hui, les Verts sont représentés au Conseil d’Etat des cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel, Berne et Nidwald. Les trois régions linguistiques de la Suisse comptent des représentants écologistes au sein des législatifs et exécutifs communaux. Au Tribunal fédéral également, les Verts ont, proportionnellement aux suffrages, obtenu leur place dès 1998.
Le succès au rendez-vous depuis 2003
Dans le courant de l'année 2003, de nombreuses sections de jeunes verts se forment au niveau cantonal et se regroupe, en automne 2003, au niveau national sous le nom des jeunes verts suisses. Les élections nationales de 2003 confirment le parti écologiste suisse dans sa position de parti non gouvernemental le mieux représenté à Berne. 7.4% des voix et 13 sièges au Conseil national en font le grand gagnant de ces élections. Zurich, avec deux sièges, peut s’enorgueillir d’avoir largement rattrapé le siège perdu en 1999. Argovie retrouve également sa place à Berne et Vaud double sa représentation avec deux sièges !
Dès lors, les Verts ont régulièrement rendez-vous avec la réussite. De 2003 à mai 2006, ils gagnent de nombreux sièges au niveau cantonal et communal. Actuellement, les écologistes comptent un total de171 mandats dans les parlements cantonaux (état : novembre 2006).
Dans les exécutifs cantonaux également, les Verts sont en bonne place avec les Conseillers d’Etat Bernhard Pulver à Berne, Guy Morin à Bâle-Ville, Fernand Cuche à Neuchâtel, Leo Odermatt dans le canton de Nidwald, François Marthaler dans le canton de Vaud et Robert Cramer et David Hiler à Genève. Ils occupent donc aujourd’hui 7 sièges répartis dans 6 exécutifs cantonaux. (état : novembre 2006).
