A l'occasion de la fête nationale
Nous sommes tous des iciciens
Si patriotisme veut dire «le sentiment d’attachement à la communauté nationale à laquelle on appartient et qui se manifeste par le désir de la servir», je suis certainement patriote, tout en revendiquant l’élargissement de mon attachement à toute la communauté plurilingue et multiculturelle de notre pays. Je me sens également lié à celles et ceux qui vivent, travaillent, heureux ou non, partout ailleurs dans le monde. Etre patriote n’a rien à voir avec être nationaliste.
Etre solidaire chez nous et être solidaire avec le reste du monde, s’engager pour les autres et pour l’environnement sont des valeurs suisses: elles sont clairement ancrées dans notre Constitution. Au moment où certains patriotes autoproclamés stigmatisent des groupes entiers de notre population, je souhaite qu’on connaisse mieux notre Constitution suisse et qu’on relise en particulier son préambule. Celui-ci dit :
« Conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres (…). »
J’aime bien ce texte qui date de 1999. C’est un texte fort. Notre Constitution plaide donc pour une Suisse solidaire, ouverte au monde et respectueuse de l’environnement dans lequel nous vivons.
Je raconte régulièrement les propos de l’acteur et humoriste français d’origine marocain, Jamel Debbouze, qui m’ont beaucoup plu. Interviewé sur un plateau de télévision et questionné par le journaliste sur ses origines, il ne cessait de répéter être «d’ici». En concluant finalement avec la jolie phrase que «nous sommes tous des iciciens». Oui, nous sommes tous des «iciciennes» et des «iciciens». Etroitement liés et dépendants de ce qui se passe non seulement chez nous, mais aussi ailleurs dans le monde.
