Pour des zones écologiques
Des rues où il fait bon respirer
Plus de 70 villes européennes ont déjà instauré des zones « à faibles émissions », ou « zones écologiques » comme nous les appelons en Suisse. On en trouve à Londres, Stockholm, Berlin, Milan, Stuttgart, Fribourg en Brisgau, Hannovre et Cologne, ainsi que dans une multitude de petites villes et villages. En Suisse, les cantons du Tessin et de Genève ont déjà sollicité la Confédération à ce propos. Ils demandent ce que j’avais moi-même requis dans un postulat en décembre dernier, à savoir la création d’une base légale permettant aux cantons et aux communes de délimiter des zones écologiques sur leur territoire. Les autorités ont rendu leur copie et ont auditionné les milieux concernés. Le TCS se scandalise de voir ses clientes et clients forcés de réduire un tant soit peu leur mobilité. Trop de bureaucratie pour des effets minimes, à ce que prétend le lobby des automobilistes. Mais qui a pris la peine de se pencher sur le dossier constate rapidement que les zones écologiques apportent un réel mieux-être pour l’environnement et la société.
Les zones écologiques sont des aires délimitées dans lesquelles seuls peuvent circuler des véhicules dont les émissions n’excèdent pas un certain seuil. Ainsi, les populations riveraines ne sont plus forcées d’inhaler les substances polluantes généralement présentes en trop grande quantités dans l’air des villes. Tant la superficie de ces zones que la quantité d’émissions tolérée sont laissées au choix des collectivités. Une ville entière peut être déclarée zone écologique, ou seulement un quartier.
Il est important de souligner que la mise en œuvre du concept se fait en fonction du niveau de pollution de l’air et peut facilement s’adapter à une évolution de la situation. Le jour où la Suisse ne comptera plus que des véhicules propres, les zones écologiques n'auront plus leur raison d'être. C'est bien là un de leurs principaux avantages : elles contribuent à sensibiliser la population en diminuant l’attrait des véhicules polluants, qu’il faut garer à l’extérieur des zones.
Les cantons et les communes ne doivent pas craindre qu'on leur force la main. Ils décident en toute liberté des zones écologiques qu’ils veulent instituer sur leur territoire. La Confédération se contentera de leur en donner la possibilité. Pour l’instant, Genève et le Tessin n’ont en effet pas l’autorisation d’offrir à leurs habitantes et habitants un air de meilleure qualité.
