Achat antidémocratique d'avions de combat
Ça vole bas au Palais fédéral
Les Chambres fédérales ont une façon déplorable de traiter les problèmes qui concernent l’armée. Qu’aucune analyse sérieuse ne soit menée sur les risques que court réellement la Suisse ne suffit apparemment pas, il faut surenchérir jusqu’à l’absurdité. Aucun pays démocratique ne règle les questions militaires avec un tel mépris du bon sens. Le gouvernement demande un budget militaire de quatre milliards, et que fait la majorité bourgeoise du Parlement ? Elle s’empresse de lui accorder cinq milliards à gaspiller. Un cadeau-bonus d’un milliard, car, c’est bien connu, nous ne savons pas quoi faire de notre argent. Le Conseil fédéral voulait des effectifs de 80'000 personnes, c’est-à-dire le double de ce que les Verts estiment nécessaires. La même majorité en rajoute 20'000, par amour de l’uniforme, toute à sa joie de jouer aux petits soldats et de se coucher devant l’industrie de l’armement. Le lobby de l’armée se frotte les mains, ses ordres ont été reçus 5 sur 5. Ce lobby aux ramifications obscures réussit même par une passe diabolique à obtenir l’achat de 22 avions de combat parfaitement inutiles. Il ne manquait plus qu’après le vote, la patrouille suisse vienne survoler le Palais fédéral pour saluer ses admirateurs.
Ceux-là même qui invoquent sans cesse les droits du peuple sont les premiers à vouloir à tout prix éviter que cet achat fasse l’objet d’un débat démocratique. J’ai nommé le parti de Blocher-Brunner, qui prétend représenter les « petites gens » mais n’hésite pas une seconde à recourir à la plus grosse ficelle pour empêcher le référendum. Lorsqu’on apprend que des lobbyistes de l’entreprise française Dassault auraient pu influencer la manœuvre en coulisse au sein du « comité consultatif » d’Ueli Maurer, on a envie de s’arrache les cheveux. Il vaut mieux en appeler au peuple, qui doit pouvoir commander au ministre de l’armée et à ses généraux d’arrêter le massacre et de remettre de l’ordre dans cette pétaudière.
Les Verts et leurs alliés vont tout mettre en œuvre pour que le peuple puisse se rendre aux urnes sur cette question, et qu’il torde le cou à cette honteuse affaire d’avions de combat. Il y va de notre démocratie, qui n’a jamais volé aussi bas.

