Par ici les millionnaires!
Les forfaits fiscaux, une injustice criante
L'OCDE elle-même exige de la Suisse qu’elle abolisse les forfaits fiscaux dont profitent les riches étrangères et étrangers. En matière d’impôts, les directives qui valent pour les Suisses doivent aussi leur être appliquées. C’est ce que l’organisation pour la coopération économique demande dans son récent rapport pays.
Une estimation de la conférence des directeurs des finances datant de 2008 fait état de plus de 500 millionnaires privilégiés par le fisc en Suisse. L’imposition forfaitaire existe depuis les années 1930. Depuis lors, les cantons se surpassent les uns les autres avec des offres destinées à attirer les riches sur leurs territoires.
Seuls devraient pouvoir en profiter ceux qui ne réalisent pas leur revenu en Suisse. Lorsqu’on prend l’exemple de l’oligarque russe Viktor Vekselberg ou du fondateur d’IKEA Ingvar Kamprad, qui gèrent leurs entreprises mondialisées depuis des sociétés établies ici, on ne peut pas vraiment parler d’absence de revenu, n’est-ce pas ? La très jeune Athina Onassis, officiellement établie à St-Moritz, est loin de rester oisive, et parcourt le monde pour faire fructifier la fortune que lui a laissé son grand-père l’armateur Aristoteles Onassis.
Alors que les simples citoyens doivent déclarer au fisc chaque franc qu’ils gagnent, certaines grosses fortunes se voient offrir de magnifiques cadeaux. Et tandis qu’on ouvre tout grand la porte aux réfugiés fiscaux et à leur porte-monnaie bien garni, des personnes fuyant la misère sont interdites de séjour de la manière la plus brutale.
Certains cantons ont du reste aboli des forfaits fiscaux par vote populaire. Vekselberg a dû quitter Zurich pour se réfugier à Zoug. Ce n’est pas l’effet recherché. C’est pourquoi je signe l’initiative lancée par La Gauche en mars 2011 pour l’abolition des forfaits fiscaux.

