Communiqués
Nourrir les humains, pas les voitures
Dans tout le monde, les prix des denrées alimentaires ont prix l’ascenseur. Les pays industrialisés sont en grande partie responsables de cette évolution inquiétante. D’un côté, ils poussent à la libéralisation des marchés agricoles à l’échelle planétaire, et d’un autre, ils font le plein de leurs voitures avec la nourriture des plus pauvres de cette planète. Les Verts demandent un moratoire sur les importations d’agrocarburants et la reconnaissance du droit à la sécurité alimentaire par l’OMC, si nécessaire par le biais de droits de douane.
Les prix des denrées alimentaires explosent. Des millions de personnes sont menacées par la famine. Et une fois encore, les pays pauvres sont aux premières loges ! Depuis qu’il est possible de transformer tout ce que nous mangeons en carburant, une corrélation fatale a vu le jour : plus le prix du pétrole augmente, plus l’attrait des agrocarburants est grand. Pour se déplacer en voiture, les plus riches utilisent la nourriture de base des plus pauvres qui, eux, voient leur chance de survie se réduire à peau de chagrin. Les révoltent récentes en Egypte et en Haïti liées au manque de nourriture ne sont que le prélude à la course aux céréales engagée par les 800 millions de conducteurs et les deux milliards de pauvres sur terre. C’est pour cette raison que les Verts s’engagent pour un moratoire de cinq ans sur l’importation d’agrocarburants. La tournure des événements nécessite que la motion demandant ce moratoire, et déposée par le groupe des Verts l’été passé, soit traitée sans tarder. Par contre, les Verts estiment que les déchets, les résidus de biomasse et le bois doivent mieux être mis en valeur pour la production d’énergie dite de deuxième génération.
La libéralisation forcée des marchés agricoles joue également un rôle important dans la crise alimentaire mondiale qui nous guette. Prenons pour exemple Haïti, où les salades importées de l’UE sont vendues moins chères que celles produites dans le pays. Plutôt que de favoriser l’exportation et le commerce mondial, la politique agricole des Verts met l’accent sur un marché intérieur solide, basé autant que possible sur une production écologique et respectueuse des animaux. Chaque Etat doit être en mesure de garantir son approvisionnement de base avec des aliments produits dans le respect de l’environnement et des animaux et de le protéger des importations bon marché par des restrictions d’importation, des droits de douane ou des payements directs. Un tel système de protection doit être reconnu au sein de l’OMC.
La libéralisation du commerce mondial met aussi la production alimentaire suisse très fortement sous pression. Les projets de baisse des taxes douanières (jusqu’à 70%) et l’accord de libre-échange dans le secteur agroalimentaire avec l’UE sont à l’ordre du jour. Sans mesures de protection adaptées, l’approvisionnement de base et la qualité des produits seront aussi menacés en Suisse. Les Verts prient le Conseil fédéral de définir une stratégie claire afin de garantir l’approvisionnement de base et de protéger la production suisse et sa qualité élevée. Si ce ne devait pas être le cas, ils s’opposeront aux projets de libéralisation.

